Depuis 1768, la manufacture Revol vit au rythme de la céramique et de son époque. Depuis la Drôme jusqu’aux grandes tables contemporaines, la maison brille par son savoir-faire qui associe tradition et invention, dans une lignée familiale et un dialogue remarquable avec le design.
Son nom sonne comme un manifeste. Pourtant, du haut de ses 10 quarts de siècle, la noble manufacture ne doit rien à un génie du branding. Pas plus que son sens de l’innovation qu’elle tient d’un héritage de longue lignée, celui de sa famille dirigeante et, en particulier, son fondateur Pierre Revol. Pierre sur laquelle s’est bâtie une saga familiale de la porcelaine française. Revol à l’ardent parfum de flamme, évoquant le mouvement permanent, voire, lu à l’envers, une déclaration d’amour viscéral pour l’art de la céramique.
1768. Pierre Revol quitte la région lyonnaise, berceau de sa famille de maîtres et marchands faïenciers, pour la Drôme, terre promise d’argiles, de sables et de kaolin, toutes choses précieuses pour l’art familial ancestral. La vraie raison, c’est qu’il vient s’y installer avec sa jeune épouse Magdeleine Carrier, elle-même héritière d’une maison dévouée à la faïence. Au fil du temps, la production de la manufacture Revol accompagne les besoins de la société de son époque. À l’origine, fournir des produits sains et accessibles, qu’il s’agisse d’objets techniques pour la chimie, la pharmacie, l’orfèvrerie, ou à usage domestique alimentaire ou décoratif. Avec l’essor d’une haute classe bourgeoise s’affirme le goût pour le décor, qui conduit Revol à redoubler d’ingéniosité en concevant un procédé de décoration au tampon capable d’assurer une production en série, tout en réalisant des pièces uniques pour les intérieurs ou la parfumerie.
Dans l’entre-deux-guerres, sortent de la manufacture des pièces en céramique qui, sans que l’on ne connaisse leur fabricant, deviendront des icônes populaires : les pots de yaourt Danone, les pots à moutarde Maille et, Graal de tout chineur en herbe, le pichet Ricard. Dès lors, Revol va devenir le fabricant spécialiste du flaconnage pour les spiritueux ou le parfum, tout en développant ses collections de vaisselle de table. Des collections qui vont s’imposer dans le monde de l’hôtellerie et de la restauration à partir des années 1980, portées par la réalisation de plus en plus fréquente de pièces sur mesure pour des chefs de renom. La marque, elle-même, voit sa notoriété et son prestige grandir à travers ses collaborations remarquées avec des designers de talent. Loin de coups marketing, ces collab’ s’inscrivent dans un dialogue qui s’épanouit dans le temps, à l’échelle de cette manufacture bicentenaire. Chacune, parmi la vingtaine de gammes dédiées à la vaisselle de table, à la cuisson ou à la présentation, a fait l’objet d’une lente maturation qui permet à son auteur d’en affiner la personnalité, à mi-chemin de son style et de l’histoire de la manufacture.
Ferréol Babin, créateur singulier tour à tour artiste, artisan et designer, Inga Sempé, nom célèbre du dessin et du design, Noé Duchaufour-Lawrance, héraut du design français sophistiqué, ou Lucas Franck, son ex-protégé devenu une référence pour ses lignes rigoureuses et avant-gardistes, autant de noms qui enrichissent à travers les saisons l’histoire vivante de Revol, scrupuleusement inventoriée par le service Patrimoine historique de la maison, mémoire de la maison et miroir de sa capacité à s’inventer un avenir de terre et de feu.
