Art de vivre

Ekoï. En route vers les sommets

Gravée sur les routes qui sillonnent les plus beaux paysages, la légende du cyclisme s’écrit en France comme dans un livre ouvert, où se mêlent performances spectaculaires et dépassement de soi. Ancré dans le Sud, Ekoï s’inscrit dans cette saga, en faisant dialoguer culture sportive, recherche technique et sens de l’innovation inspirée par des collab’ au sommet.

Tourmalet, Pyrénées, été 1913. L’homme qui s’apprête à franchir le sommet dans la roue de son équipier, le belge Philippe Thys, sent le doux parfum de la consécration. Eugène Christophe, le vieux gaulois, celui qui s’est déjà fait connaître pour son courage et son endurance hors norme, est en tête. Depuis qu’il est appointé par l’équipe Peugeot-Wolber, il a pu lâcher son travail de serrurier pour se consacrer, en coureur professionnel, à son objectif ultime : le Tour de France. Certes, il est déjà multiple champion de France de cyclo-cross, a fini second du précédent Tour, mais l’impréparation, les ennuis de santé et des déboires divers lui ont injustement barré la route vers la plus haute marche du podium d’une course déjà légendaire. Une compétition quasi inhumaine que seuls quelques cyclistes héroïques comme lui ont pu seulement terminer. 

Alors qu’il se lance dans la descente du col, le sort, une fois de plus, s’acharne sur lui. Heurte-t-il un rocher ou la voiture de son directeur sportif, la circonstance reste obscure. Une seule chose est sûre : sa fourche est brisée. Vélo à l’épaule, masque douloureux, il entreprend de parcourir à pied les 14 km qui le séparent du village de Sainte-Marie-de-Campan. Il y trouve un forgeron qui propose de l’aider à réparer mais le drastique règlement de la compétition l’interdit : un coureur ne doit bénéficier d’aucune aide extérieure. Eugène Christophe fait à la hâte une soudure de fortune tandis qu’un jeune garçon active le soufflet de forge pour attiser le feu. Ce qui vaudra au coureur une pénalité de 10 minutes. Elle s’ajoute aux 3 heures et 50 minutes qu’a duré l’opération. Eugène enfourche sa bicyclette ressoudée dans un ultime effort mais il sait, au fond, que son rêve s’est envolé. 

© DR

Gravée sur les routes qui sillonnent les plus beaux paysages, les rues et pistes des environnements urbains, les sentiers de terre, de pierre et de boue qui dévalent côteaux et vallons boisés, la légende du cyclisme s’écrit en France comme dans un livre ouvert. Le Sud, par ses reliefs inspirants et son climat méditerranéen, en est sans doute le théâtre le plus propice. N’est-ce pas à Montfavet dans le Vaucluse que fut créé en 1963 le Christophe Vélo Club, toujours actif ? 

Plus étonnant encore, c’est du côté de Fréjus (après avoir éclot en 2001 entre les pavés de l’enfer du Nord à Roubaix) que la marque Ekoï, équipementier bien connu des afficionados de la petite reine, gravit depuis 2008 les pentes du succès international. En 2009, Brice Feillu remporte la 7e étape du Tour avec un casque profilé signé Ekoï. En 2011, la marque démarre sa collaboration avec Philippe Gilbert, le champion belge qui décroche, cette même année, le Vélo d’Or. L’année suivante, Ekoï entre dans le club fermé des équipementiers World Tour. En 2013, le belge Frederik van Lierde devient champion du monde de triathlon Ironman avec un casque Ekoï, avant Patrick Lange, en 2017, et son modèle aérodynamique sur mesure développé en soufflerie. 2014 et 2016, podium Tour de France avec l’équipe AG2R. 2015, l’Italien Fabio Aru remporte la Vuelta avec Astana et ses lunettes Ekoï. En 2020, la marque équipe KMC, team n°1 mondial du VTT et accueille en 2022 Julien Absalon, légende du genre, qui devient ambassadeur et consultant pour l’entreprise. 2022 toujours, Ekoï équipe intégralement l’équipe de Chris Froome, quadruple vainqueur du Tour. Après la France et l’Europe, la marque part à la conquête des États-Unis, du Canada et de l’Australie en 2023 et voit en 2024 sa nouvelle ligne de chaussures plébiscitée par une pléiade de champions internationaux. 

Champions qu’il n’est pas rare de retrouver dans les bureaux d’étude de la marque où ils contribuent à la mise au point des produits pour faire bénéficier aux pratiquants de tous les jours des performances issues de la compétition. Aujourd’hui, Ekoï est devenu une référence mondiale, non seulement pour l’équipement des pros mais aussi pour les cyclistes de tous niveaux et de toutes disciplines, route, VTT, triathlon, gravel, ultra-distance, running et pratique urbaine. Au-delà des casques, lunettes, chaussures, Ekoï propose une gamme de vêtements techniques diversifiée et d’accessoires complète, de la roue à la bagagerie en passant par les pédales. À ce titre, l’entreprise s’enorgueillit, avec le modèle PW8, d’avoir mis au point le couple pédale/chaussure le plus performant du marché. Une petite révolution technologique qui aurait permis à l’héroïque Eugène Christophe de décrocher, au-delà de la légende qu’il s’est forgée, le Tour de France qu’il méritait.

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