Food

Cinot. Instant french classic

Avec son allure faussement surannée, Cinot réactualise le patrimoine national de l’apéritif. Pourtant porté par deux entrepreneuses suédoises, le projet invoque les grands amers français à partir de gentiane des Alpes, selon des méthodes artisanales françaises, distillées entre Paris et la vallée de la Loire.

Peut-on mettre en bouteille l’esprit français ? En découvrant Cinot à la carte du restaurant Baccarat d’Alain Ducasse (sis dans l’ancien hôtel particulier parisien de Marie-Laure de Noailles et tout récemment nommé plus beau restaurant du monde aux Versailles 2025 de l’architecture et du design), de l’hôtel arlésien (et adoré) des Cabanettes, chez Margaux “Combat” Lecarpentier (une référence) ou dans quelques hot spots de Stockholm, on pourrait croire que cet apéritif est une légende vintage qui refait surface.

Que nenni. Il aura fallu deux Suédoises, Linn Alsén et Louise Sallander, amoureuses de la France, pour saisir en une recette originale l’essence même des années 1960 et 70, telles que les ont incarnées aux yeux du monde les Bardot, Delon, Gainsbourg, Hardy et Dutronc, dans un glamour impérissable à la française. Si l’hommage est patent, le lifestyle est épousé presqu’à la lettre : l’apéritif, ici, est sans alcool. Hérésie ? Sûrement pas, car Cinot respecte un processus de fabrication que n’auraient pas renié les maisons historiques françaises.

La recette, élaborée à Paris, utilise la racine de gentiane des Alpes comme ingrédient principal, pour son amertume et sa couleur dorée, des herbes, fruits et épices pour les nuances et la profondeur des saveurs, juste comme les classiques, tandis que la production est assurée par un atelier familial en vallée de la Loire qui garantit la précision des macérations, réalisées artisanalement. Médaillé d’or aux Global Spirits Masters en février dernier, Cinot se veut une ode moderne à la joie de vivre française. Il fallait bien des Suédoises pour nous la faire apprécier.

© DR

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