news s05 05/02/21

Édition du 05 février 2021

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05.02.21, n°57

Savez-vous que nous devons le mois de février à Numa Pompilius, légendaire roi de Rome qui, un beau matin de 713 avant JC, décida d’étendre l’année à 365 jours en incluant au calendrier janvier et février ? Dérivant de la racine latine februare qui signifie purifier, ce dernier évoquait alors la fin de l’année et, comme l’écrivait le poète Ovide, un passage entre la fin et le commencement, entre l’au-delà et le monde des vivants. Februa, rite ancien de retour à la pureté immaculée. Comme ces pistes de ski d’un blanc encore sans trace cet hiver ou notre bonus de la semaine, à écouter d’une oreille pure.

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Estampille, tout est bon dans le nylon

Après les chaussettes en matière recyclée, Estampille décline son idée malouine (ndlr : la maison est de St Malo) en s’attaquant au collant, que l’on jette chaque année par tonnes en raison de sa faible durée de vie, engendrant un pollution insoupçonnable et pourtant considérable. La solution, la marque l’a trouvée à Saint-Bauzille-de-Putois dans les Cévennes dans une entreprise familiale experte en tricotage à base de nilit ecocare (fibre de nylon recylée). On imagine la suite : -80% d’eau et -50% d’énergie requis pour la production de cette gamme de collants dont la durée de vie est prolongée par une confection soignée. Ce qui tombe bien puisqu’ils sont beaux et font de jolies jambes. À vous de faire le premier pas.

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Miam, le plus appétissant des accessoires de mode

deTOUJOURS, e-shop et conservatoire vivant du vêtement de métiers et de tradition, se lance dans la création avec Miam, ceinture géniale imaginée par le non moins génial Chef étoilé Armand Arnal de La Chassagnette et produite par la maison de maroquinerie La Botte Gardiane. Une ceinture 100% camarguaise en cuir de veau naturel, dotée de 8 poches à couteaux ou à ce que vous voulez, et un beau travail d’équipe pour un accessoire qui réconcilie cuisine, jardinage et amour des beaux objets.

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Atelier 13 A’tipik ou comment recoudre le monde

Sahouda Maallem a deux passions, la couture (une histoire de famille) et les autres. Après avoir aidé pendant 3 décennies des milliers de jeunes en quête d’insertion professionnelle, elle a retrouvé le fil de son enfance et créé il y a 20 ans un atelier de couture, d’abord à Avignon puis à Marseille. 30 personnes y travaillent mais près de 400 y sont passées, non pour cause de turn-over effréné mais parce que c’est la vocation même de l’atelier, solidaire, inclusif, formateur et généreux. Il s’est ainsi illustré dès le premier confinement en créant des masques pour les métiers essentiels. Il s’est spécialisé dans la conception de vêtements adaptés aux personnes à mobilité réduite. 13 A’tipik s’est aussi fait un nom au gré de collab’ avec Kaporal, pour une collection capsule en jean recyclé ou plus récemment AnotherWay et ses emballages textiles à la cire d’abeille (lire plus bas). Aujourd’hui, si la fabrication de masques constitue une part importante de son activité, 13 A’tipik a trouvé le temps de créer sa propre collection capsule autour de la robe « Sarou », réalisée à partir de bleus de travail et de draps de coton upcyclés. Exemplaire.

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Yadi, un bel esprit sorti de terre

Sa collection emblématique s’appelle Ness-Ness (moitié-moitié en arabe). Née à Marseille et réalisée au Maroc, elle associe l’aspect brut de la terre cuite à la douceur émaillée d’une palette contemporaine. Sa marque s’appelle Yadi (moitié du patronyme de Lamina Yadini, qui signifie ma main en berbère). Nourrie de ses origines, animée du rêve de se baigner dans toutes les mers du monde, cette architecte de formation imagine des objets du quotidien qui sacralisent le savoir-faire ancestral des céramistes marocains. Style bien affirmé, boutique éphémère à Marseille au printemps, collab’ avec Ines de la Fressange. Lamina ne fait pas toujours les choses à moitié.

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Bee Wrap emballe la planète

Réfléchissez : vous n’achetez pas des légumes hors de prix, ni ne cuisinez comme un chef, et encore moins ne confectionnez goûter ou pique-nique bio pour filmer tout ça dans quelques microns de plastique transparent. Haro sur le film alimentaire, vive Bee Wrap qui fait revivre les beaux gestes des ménagères d’autrefois. Un torchon ou une poche de tissu aux motifs délicieusement vintage, recouvert de cire d’abeille naturelle qui leur permet d’adopter en souplesse la forme de l’aliment à envelopper d’amour. Lavable et réutilisable, une belle idée zéro déchet qui nous incite une fois encore à dire bravo les abeilles (qu’il faut protéger des néonicotinoïdes chers à nos betteraviers), bravo AnotherWay, fière et innovante société phocéenne et bravo 13 A’tipik, notre atelier de couture préféré à Marseille.

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Le Maigre par Christophe Schuffenecker, Château de Mazan

Dans le Luberon, bien des villages connaissent autant l’ombre du Marquis de Sade que celle du Mont Ventoux. Ainsi, le Château de Mazan, dont on sait qu’il fut propriété de la famille du divin marquis et l’accueillit suite à son évasion du fort de Miolans. Dans le Luberon, bien des tables revendiquent une cuisine de terroir matinée de créativité, dirigées par autant de natifs talentueux que de signatures médiatiques en goguette. Au Château de Mazan, l’étoile fraîchement décernée par le guide rouge nous conduit tout droit vers Christophe Schuffenecker, talent discret associé par le passé à de grandes tables franco-américaines, qui nous livre un pur délice de poisson dont le nom est inversement proportionnel au plaisir à venir. Le marquis aurait-il apprécié ?

Maigre alors !

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À vendre, pan d’histoire de la mode

Inlassable supportrice de la mode, à l’œil aiguisé par son amitié avec Azzedine Alaïa, Maryline Bellieud-Vigouroux a au fil des années constitué une extraordinaire collection de pièces issues des plus grandes maisons. Si la perspective d’un musée est oubliée, la Maison Mode Méditerranée métamorphosée en fonds de dotation entend soutenir plus que jamais la création. Le fruit de cette vente historique, organisée par la Maison de ventes Cornette de Saint Cyr , en tout 550 pièces, de Gabrielle Chanel à Alexander Mc Queen, servira à financer les projets d’avenir et supporter les grand.e.s de demain. Exposition du 3 au 10 février, puis ouverture des ventes aux enchères les 11 et 12 février à Paris.

Et voici notre rituel de purification à nous, ou la redécouverte, avec le dénommé February Montaine, d’une pépite de synth-pop homemade qui, depuis le fog des Midlands et les années 80, s’est frayé un chemin miraculeux jusqu’à nous. February deep, Montaine high.